Radioembolisation

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La radio-embolisation est une forme de radiothérapie qui consiste à bloquer la vascularisation de la tumeur. Ce type de traitement, comme la chimio-embolisation, tient compte du fait que le carcinome hépatocellulaire entraîne le développement d'un grand nombre de vaisseaux sanguins.

 

Radio-embolisation : quel principe et quels objectifs ?

Principe

La radio-embolisation vise à empêcher la croissance de la tumeur.

Pour cela, on injecte plusieurs millions de microscopiques billes radioactives (SIR-Sphères ou Thérasphères mesurant environ 25 microns) dans les artères qui l'alimentent. Ces billes vont donc passer dans les vaisseaux qui irriguent la tumeur et détruire les cellules cancéreuses.

La radiation émise par l'yttrium 90 présent à la surface de chaque sphère n'agit que sur quelques millimètres. Les tissus sains environnants sont donc relativement épargnés. On parle aussi de « radiothérapie interne sélective ».

Objectifs

La radio-embolisation en cas de cancer du foie poursuit 4 objectifs.

Le premier est de réduire la taille des tumeurs hépatiques afin de pouvoir les opérer.

Le deuxième est d'accroître les possibilités d'intervenir à l'aide d'autres formes de traitement telles que la chimiothérapie.

Le troisième est de maintenir la qualité de vie du patient et de prolonger sa durée de vie (apprendre à vivre avec).

Enfin, le quatrième est de mieux contrôler la pathologie.

Radio-embolisation : pour quelles indications ?

Indications

La radio-embolisation ne permet pas de guérir le cancer du foie, mais elle réduit la taille des tumeurs. Cette technique sert donc à traiter les cancers du foie dans certaines situations.

Elle est particulièrement intéressante chez les patients qui ont développé un cancer du foie primitif, chez ceux qui présentent des métastases hépatiques issues d'un cancer du côlon ou des tumeurs neuro-endocrines du fait d'un cancer secondaire du foie, chez ceux qui ne peuvent pas subir une chirurgie, chez ceux qui ne sont pas en mesure de bénéficier d'une greffe de foie ou qui sont en attente d'un greffon.

Enfin, elle est intéressante chez ceux qui possèdent un foie qui fonctionne correctement et qui n'ont pas de problème au niveau de la veine porte (car c'est elle qui assure l'approvisionnement en sang du tissu hépatique non cancéreux en cas d'embolisation).

Avantages et inconvénients

Les grands avantages de cette approche sont d'entraîner moins d'effets secondaires que les autres traitements du cancer du foie tels que l'immunothérapie, puisque son action est très localisée (elle épargne les cellules saines) et de délivrer jusqu'à 4 fois plus de rayonnements qu'avec la radiothérapie conventionnelle.

En revanche, la radio-embolisation présente aussi des inconvénients. C'est une technique lourde, qui nécessite une hospitalisation d'1 journée afin que les médecins obtiennent une image détaillée des artères du patient, de façon à injecter les micro-billes avec précision.

De plus, elle a une action assez lente, puisqu'il faut plusieurs semaines avant d'en ressentir les effets.

Radio-embolisation : quels examens complémentaires ?

Pour s'assurer que les patients peuvent bénéficier d'un traitement par radio-embolisation, plusieurs tests doivent être réalisés.

On procède notamment à :

  • des analyses sanguines destinées à évaluer la fonction hépatique et le taux d'alpha-fœtoprotéine (AFP), une substance présente dans le sang en cas de cancer du foie ;
  • une angiographie pour vérifier que les billes radioactives peuvent être injectées dans les artères hépatiques ;
  • une scintigraphie pour s'assurer que les billes ne risquent pas de s'échapper dans les poumons ou dans le tube digestif ;
  • un scanner pour déterminer la taille du foie et la dose de radiations à administrer.

Radio-embolisation : comment se passe-t-elle en pratique ?

Association de plusieurs thérapeutes

Le traitement du cancer du foie par radio-embolisation n'est pas généralisé. Il demande la coopération de plusieurs thérapeutes : un radiologue spécialisé dans la sphère digestive, le foie (hépatologue) et les interventions au niveau des vaisseaux, et des spécialistes en médecine nucléaire.

Deux séances sont programmées.

Isolement artériel du foie et essai thérapeutique

Au cours de la première séance, le radiologue va étudier la vascularisation du foie du patient : il détermine comment les tumeurs sont alimentées en sang, et il repère également les branches artérielles qui irriguent les autres organes digestifs.

Suite à cela, il va pouvoir positionner son cathéter précisément au niveau des principales artères hépatiques qui alimentent les tumeurs, puis sous le contrôle d'une scintigraphie, y injecter une substance faiblement irradiante (du technétium), afin de réaliser une simulation du traitement.

Cet essai thérapeutique permet d'évaluer si le produit se dirige bien vers les tumeurs, si toutes sont correctement perfusées, si la substance ne s'échappe pas hors du foie et si les poumons sont suffisamment préservés.

Généralement, le cathéter est monté dans l'artère fémorale (au niveau de la cuisse), mais cela ne se fait pas sans risque (infection au point de ponction ou hématome rétropéritonéal).

Remarque : on a constaté qu'en passant par l'artère radiale (au niveau du bras), on augmente considérablement le confort du patient et on favorise une récupération quasi-immédiate en évitant les complications (succès technique dans 97 % des cas).

Traitement

La seconde séance intervient si la première a bien répondu aux critères de sélection.

Elle a lieu une semaine plus tard, et ce sont cette fois des micro-sphères marquées à l'yttrium 90 (un radionucléide émetteur bêta- pur) qui sont utilisées.

L’hospitalisation du patient dure 24 heures. Avant de sortir, il passe un contrôle scanner afin d'anticiper toute complication éventuelle.

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