Prévention cancer du foie

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La prévention du cancer du foie primitif n'est pas forcément une démarche facile. En effet, en France, la détection précoce des cancers hépatiques est peu répandue. Pourtant, comme pour n'importe quel cancer, plus le dépistage est précoce, plus les chances de survie sont importantes (elles ne sont que de 13 % à 5 ans).

Prévention du cancer du foie : que faire ?

La prévention du cancer du foie, comme des autres cancers, est fondamentale. En effet, seul un diagnostic en amont permet d'augmenter les chances de survie du patient. En effet, lorsque les premiers symptômes font leur apparition, la tumeur hépatique est généralement à un stade déjà avancé. Il faut donc s'attacher à limiter le plus possible les facteurs de risque :

Prévention des complications de cirrhose

Réduire certains facteurs de risque est envisageable puisque 90 % des cancers du foie ont pour origine une pathologie hépatique (notamment une cirrhose) qu'il est possible de surveiller.

Bon à savoir : à l'heure actuelle, 75 % des malades arrivent trop tard, avec des cancers de stade avancé.

Suivi des patients souffrant de cirrhose

Le meilleur moyen de prévenir le cancer du foie est de suivre de près les patients atteints par une cirrhose (soit un total de 300 000 personnes en France) :

  • Ce suivi passe par la réalisation d'une échographie abdominale tous les 6 mois (2 fois par an). La fréquence est importante car certaines tumeurs du foie peuvent doubler de taille en 1 mois.
  • Cet examen ne présente que des avantages : il est à la fois indolore, bon marché, remboursé et efficace.

Bon à savoir : chez les hommes dont l'IMC est supérieur à 35 kg/m² (obésité sévère), l'échographie peut donner de faux résultats ; d'autres techniques d'imagerie comme l'IRM sont alors privilégiées.

Cependant, ce suivi est trop peu fréquent pour le moment en raison de 2 principaux éléments : 

  • Il n'est pas assez systématique comme c'est le cas avec la mammographie. Il suffirait qu'il soit prescrit par le médecin traitant ou l'hépatologue. Cela permettrait d'améliorer fortement le pronostic du cancer du foie qui reste assez sombre. Allant dans ce sens, la première campagne en faveur du dépistage précoce en juillet 2015 a eu lieu.
  • Le problème vient aussi des patients qui, bien souvent, hésitent à faire part d'une cirrhose liée à l'alcoolisme et/ou à une hépatite (les deux sont associés dans 10 % des cas). Ceci est d'autant plus vrai que les symptômes sont parfois peu nombreux et que ce n'est qu'au fil du temps qu'apparaissent des angiomes ou des ictères qui poussent les patients à consulter.

Il est donc essentiel d'encourager le dialogue entre le médecin et le patient afin d'agir avant l’apparition de ces signes.

Bénéfices attendus

Si ce dépistage était effectué, il permettrait de réduire la mortalité liée au cancer du foie de 40 % estime l'Institut National du Cancer (InCa). Selon certaines études, si les tumeurs hépatiques sont traitées alors qu'elles mesurent moins de 3 cm de diamètre, la survie du cancer du foie à 5 ans serait de 70 %.

Prévention contre l'hépatite B

Environ 10 % des hépatites B et 50 % des hépatites C deviennent chroniques après plusieurs années d’infection. Elles peuvent alors favoriser l'apparition d'un carcinome hépatocellulaire. Il faut savoir que l'on compte en France environ 100 000 personnes porteuses de ce virus et que la moitié d'entre elles ignore être infectée. C'est ce qui explique que ce virus soit si fréquent, les personnes étant susceptibles de se le transmettre involontairement. Par conséquent, pour se prémunir contre l'hépatite B ou C, il est possible d'avoir recours :

  • à la vaccination (pour l'hépatite B seulement) ;
  • à l'utilisation de préservatif ;
  • à l'utilisation de matériel stérile à usage unique en cas d'injection, de piercing, de tatouage, etc.

En cas de doute, il est possible de faire un dépistage anonyme et gratuit un peu partout en France.

Prévention du cancer du foie : pas d'abus d'alcool

Dans la mesure où la cirrhose, elle-même responsable de cancer hépatique, découle d'une consommation excessive d'alcool dans plus de 60 % des cas, il est essentiel de limiter celle-ci pour prévenir tout cancer du foie. De l'avis de certains spécialistes, il est particulièrement important de veiller à limiter sa consommation d’alcool dès le plus jeune âge.

À noter : le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) classe les boissons alcoolisés dans la catégorie des agents carcinogènes.

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