Survie au cancer du foie

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La survie au cancer du foie dépend en grande partie du stade au moment du diagnostic (à 69 ans en moyenne chez l'homme et à 73 ans chez la femme). De plus, on sait que le cancer du foie est l'un des cancers digestifs parmi les plus agressifs. Toutefois, ces dernières années, les traitements ont beaucoup progressé, ce qui de manière générale augmente le taux global de survie des personnes malades.

Survie au cancer du foie : statistiques générales

Cancer primitif et secondaire

Le cancer du foie primitif (dans 90 % des cas un carcinome hépatocellulaire) a touché 10 580 personnes en France en 2018 et à 77 % des hommes (8 150 hommes).

En 2018, on recensait 12,5 cas pour 100 000 hommes et 2,9 cas pour 100 000 femmes.

En comparaison, les cancers secondaires du foie sont en moyenne 35 fois plus nombreux.

La classe d'âge la plus touchée chez l'homme est celle des 65-74 ans et chez la femme, celle des 70-84 ans (34 % du total dans les deux cas).

Bon à savoir : en 2008, en Europe, environ 40 000 hommes et 20 000 femmes ont développé un cancer du foie.

Rang auquel se situe le cancer du foie

Avec ces chiffres, le cancer hépatique se situe au 13e rang des cancers en termes de fréquence, au 8e rang chez l'homme et au 18e rang chez la femme.

Toutefois, au niveau mondial, il s'agit du 6e cancer le plus fréquent. En effet, à l'échelle planétaire, le cancer du foie est beaucoup plus fréquent en Afrique de l'Ouest et en Asie du Sud-est en raison du grand nombre d'hépatites B dans ces régions. Par ailleurs, en Afrique et en Asie, l'âge moyen de diagnostic de cancer du foie est de 45 ans seulement.

Causes de l'augmentation de ce cancer

Au cours des deux dernières décennies, le nombre de cas de cancer du foie n'a cessé d’augmenter. Cela est dû aux cirrhoses alcooliques qui concernent 700 000 personnes en France (en cas de cirrhose, le malade présente environ 20 % de risques de développer un cancer du foie dans les 10 ans), à l'obésité, au diabète, aux hépatites B et C qui sont en partie responsables de ce type de cancérisation.

Toutefois, au niveau mondial, le cancer du foie est le seul dont l'incidence (et la mortalité) a baissé de façon significative (-2,88 % par an depuis 1990).

Remarque : dans plus de 80 % des cas, le cancer hépatique touche des personnes présentant une maladie chronique du foie.

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Pronostic du cancer du foie : quels facteurs ?

Bien que, d'une façon générale, le pronostic du cancer du foie soit très sombre (taux de survie relative à 5 ans : 10 %), de nombreux facteurs sont à prendre en compte.

Stade au moment du diagnostic

Plus le cancer du foie est pris en charge à un stade précoce, plus le pronostic sera favorable avec un taux de survie élevé. Inversement, les cancers du foie de stade avancé, métastatiques ou en phase terminale seront de mauvais pronostic.

Or, ce cancer fait partie des cancers silencieux qui restent longtemps asymptomatiques. Ceci explique son diagnostic tardif et donc son mauvais pronostic, d'autant que les tumeurs hépatiques progressent très rapidement (leur taille peut doubler entre un mois et un an).

Caractéristiques de la tumeur

Les caractéristiques de la tumeur jouent elles aussi sur le pronostic :

  • Les tumeurs multiples (plus de 3 et notamment dans les 2 lobes du foie) sont de moins bon pronostic que les tumeurs isolées.
  • Les tumeurs qui affectent les vaisseaux sont de mauvais pronostic.
  • Les tumeurs volumineuses (plus de 3 cm) sont plus dangereuses que celles de petites tailles.

État du foie

Les personnes dont le foie fonctionne correctement présentent un meilleur pronostic vital que les autres.

Le pronostic est donc moins bon chez les personnes qui développent un cancer alors qu'elles présentent une cirrhose (300 000 personnes concernées en France ; 90 % des cancers hépatiques sont associés à une cirrhose), une insuffisance hépatique, ou une hépatite (à l’échelle mondiale, les estimations actuelles font état de 844 millions de personnes touchées par une maladie du foie).

Le pronostic est également péjoratif si l'on retrouve des symptômes hépatiques au moment du diagnostic ou encore des signes de dénutrition.

Bon à savoir : les cancers du foie sont associés à un risque accru de diabète secondaire. Ce risque est majeur dans les 2 ans suivant le diagnostic de cancer, mais il tend à persister au fil des années.

Possibilité d'opérer chirurgicalement

Les cancers du foie qui peuvent être opérés et entièrement retirés chirurgicalement sont de bien meilleur pronostic que les autres, qui ne sont pas résécables (qui peuvent subir une ablation).

Par ailleurs, les personnes dont le taux d'alpha-fœtoprotéine (une substance présente dans le sang en cas de cancer du foie) est inférieur à 200 ng/ml présentent un meilleur pronostic que celles dont le taux est supérieur.

Cancer du foie : guérison possible ?

Le cancer du foie entraîne chaque année plus de 600 000 morts dans le monde, dont près de 9 000 en France (estimations de 2018 par Santé publique France). Il représente la principale cause de décès par cancer dans le monde (la 3e en Europe avec 50 000 morts par an) et la 3e cause de mortalité mondiale.

Bon à savoir : en France, le taux de mortalité est jusqu'à deux fois plus élevé en Bretagne et dans les Pays de la Loire que dans d'autres régions telles que l'Île-de-France (source : Maynadié M, Arveux P, Bouvier AM, Woronoff AS, Tillier C, Cariou M, Billot-Grasset A, Chatignoux É, « Estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancers en France, 2007-2016 »).

Au final, le taux de survie à un cancer hépatique, tous stades confondus, est de 15 % à 5 ans chez les hommes (21 % pour ceux âgés de 55 ans et 9 % pour ceux âgés de 80 ans) et de 14 % chez les femmes (26 et 9 % selon que les femmes ont 55 ou 80 ans). Ainsi, 14,5 % des personnes atteintes d’un cancer du foie survivent plus de 5 ans après le diagnostic de cancer du foie.

Bon à savoir : la probabilité de décès diminue considérablement pour les femmes encore vivantes 8 ans après le diagnostic tandis qu'elle reste encore élevée chez les hommes, notamment les plus âgés.

Il serait pourtant simple d'augmenter considérablement ce taux de survie si l'on faisait en sorte de détecter précocement les petites tumeurs, ce qui ne se fait pas à l'heure actuelle.

À noter : en ce qui concerne les cholangiocarcinomes, la survie à 5 ans était de 7,4 % dans les années 2000 ; la survie médiane étant de 7 mois.

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